Marc San Miguel un brave vient de nous quitter

Ce très brave et très courageux garçon, avait une place à part, dans les pelotons cyclistes du grand Sud-Ouest. Il véhiculait l’image, d’un coureur cycliste d’un autre temps, avec son maillot aux poches si lourdement chargées, qu’elles pendouillaient jusqu’à frotter, sur son boyau arrière. Un cuissard du même acabit, trop long et trop large, lui […]

Ce très brave et très courageux garçon, avait une place à part, dans les pelotons cyclistes du grand Sud-Ouest. Il véhiculait l’image, d’un coureur cycliste d’un autre temps, avec son maillot aux poches si lourdement chargées, qu’elles pendouillaient jusqu’à frotter, sur son boyau arrière. Un cuissard du même acabit, trop long et trop large, lui descendait jusqu’aux genoux. Ce pittoresque personnage à nul autre pareil, avait aussi une façon bien particulière pour s’exprimer. Dans un très mauvais Français (il était espagnol), il ne cessait de répéter a qui voulait bien l’entendre, sa sempiternelle phrase à l’arrivée des courses « poutin olliordoui qué si yo crève pas yo gagne » ! Ses compagnons de route, ont tous au moins une fois, gentiment rigolé de Marc. Mis à part ces petits écarts, une fois sur le vélo, plus personne ne se moquait du coureur Marc San Miguel. Il était surveillé comme le lait sur le feu, car tout le monde dans la région connaissait les redoutables qualités, de ce petit bonhomme noir de poils. Costaud sur les bosses et solide rouleur, il était capable de partir en facteur dès le départ, pour vous rallier l’arrivée en solitaire et en vous rajoutant « olliordoui qué yo mé souis promené ». Dans ses bons jours notre homme restait en possibilité de vaincre les meilleurs, tous le savaient, pour cela il avait obtenu le respect des pelotons. Le plus gros handicap de Marc, fut qu’il n’était pas très argenté et que son matériel restait précaire. Sans être le must de son époque, sa vaillance et son courage lui permirent de se faire plaisir sur un vélo, toute une décennie. Ses anciens adversaires, des années après, disaient toujours de lui « il nous a bien ennuyé » c’est aussi ça la reconnaissance du milieu. Tenu à l’écart des mafias, il courait seul, souvent autour de chez lui, pourtant en fin de carrière en 1963, il ose aller en Limousin, il décide de courir à Argentat. Sur ce circuit réputé et difficile, il ne fera pas de détail, parti au départ il fera les primes et la gagne, devant tous les cracks médusés qui ne connaissaient pas le client. Tellement satisfait de lui, huit jours plus tard, il s’engage à Puy l’Evêque dans le Lot, considéré comme l’un des grands prix les plus durs de France. Ce jour-là encore il avait inquiété tous les cracks, pour s’incliner devant le seul Yves Rouquette, l’homme aux 250 victoires, caïd de la mafia Toulousaine. Ce jour là Marc trouvait une belle satisfaction, en prenant la seconde place de l’épreuve, précédant les B. Pineau, A. Bayssière, P. Poutou et tout le gratin du grand sud-ouest. Durant sa carrière il fit les beaux jours de deux clubs : le Guidon Pellegruen de 1951 à 1955 et le Vélo Club Langonais de 1956 à 1964. Ses plus jolis succès sont les GP de Langon et Belvès de Castillon en 1955, Nieul Le Virouil et Castillon La Bataille en 1958, St. Savin de Blaye en 1961, Pellegrue 1962, Argentat sur Creuse 1963 etc. Après avoir travaillé de longues années dans les vignes en Gironde, il partira en Italie, ne trouvant que des petits boulots, il reviendra en France ; pour poser ses valises à Paris où il deviendra machiniste en usine. La retraite venue, il rentrera en Espagne couler une fin de vie paisible à Bilbao, où il vient de mourir le 23 novembre dernier des suites de la maladie d’Alzheimer. Il était né le 10 mars 1933 à Rueda (Valladolid).

Pour palmarès complet voir Patrimoine cycliste du Grand Sud-Ouest tome 2.

Gérard Descoubès

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