Michel Dejouhannet s’en est allé

   Quand il apparait dans les milieux cyclistes pros, avec ses allures d’adolescent et ses 60 kg tout mouillé, il semblait perdu face aux féroces déménageurs des deux cents derniers mètres. Grace à son sens inné du placement dans le sprint et à sa vélocité tranchante comme une lame, il fut considéré quelques années, comme […]

   Quand il apparait dans les milieux cyclistes pros, avec ses allures d’adolescent et ses 60 kg tout mouillé, il semblait perdu face aux féroces déménageurs des deux cents derniers mètres. Grace à son sens inné du placement dans le sprint et à sa vélocité tranchante comme une lame, il fut considéré quelques années, comme le petit prince des emballages. Ce joli et délicat routier sprinter, s’offrit un jour le grand Rick Van Steenbergen à l’arrivée d’un grand prix de Commentry.

Sprinter de pure race il évoluait tout en finesse, une faille dans sa cuirasse, après deux cents bornes son petit moteur chauffait. Il avait débuté à l’étoile Sportive Caennaise, laborieux il raccroche aussi sec le vélo. De retour à Châteauroux en 1954, sa carrière prendra son envol. Coureur offensif, il n’hésitait jamais à aller dans les échappées, quand il ne les provoquait pas lui-même. Alors qu’il semblait pouvoir réaliser une jolie carrière pro, une dysenterie amibienne ramenée d’Algérie, qu’il ne soigne pas, le transformera en deux années en l’état de mort-vivant. C’est Louison Bobet, qui lui conseillera d’aller se faire soigner à Paris à l’hôpital Saint Michel, où là l’équipe médicale, découvre en plus de sa dysenterie une grave leucémie. Après des mois de lutte et de soins intensifs, il remportera ce qu’il considérait comme sa plus belle victoire, celle de la vie sur la mort. Durant sa riche carrière il n’obtint pas moins de 150 victoires, pendant ses années pros 1958 à 1962 inclus, il s’imposera dans les 4e étapes du circuit d’Aquitaine, la 2e du Tour de l’Aude, 1958, la 8e (La Rochelle-Bordeaux) du Tour de France 1959, la 4e de Paris-Nice, chez les indépendants il avait remporté la 7e étape du Dauphiné et des 5e et 7e étape de la route de France 1957. En pro il porta les couleurs de Saint Raphael-Géminiani de 1958 à 1961 et Peugeot en 1962, il sera fidèle toute son épopée cycliste à l’Union Cycliste Castelrouzinne (Châteauroux). Après le vélo il sera de longues années, le tenancier du « Bar des Sports » à Châteauroux, en parallèle il menait la « profession »de radiesthésiste qu’il épousa définitivement après avoir vendu son établissement de boissons. Il était né le : 5 juillet 1935 à Châteauroux il est décédé le : 11 janvier 2019 à Poinçonnet (Indre).

Gérard Descoubès

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