Les 90 ans d’André DARRIGADE

Les 90 ans (né le 24 avril 1929 à Narosse) d’André DARRIGADE Le Chevalier du sprint Il reste le dernier grand routier sprinter que la France ait connu. Pour avoir été le fournisseur de rêves de toute une génération, aujourd’hui encore, c’est la planète cycliste entière qui se rappelle« Dédé de Narosse ». Contrairement à la plupart […]

Les 90 ans (né le 24 avril 1929 à Narosse) d’André DARRIGADE

Le Chevalier du sprint

Il reste le dernier grand routier sprinter que la France ait connu. Pour avoir été le fournisseur de rêves de toute une génération, aujourd’hui encore, c’est la planète cycliste entière qui se rappelle« Dédé de Narosse ». Contrairement à la plupart des autres grands finisseurs de l’époque, André se retrouvait seul pour préparer ses sprints. Il n’était pas non plus habité par l’instinct inconscient des « saigneurs » des deux cents derniers mètres,  lui était un…. Seigneur des emballages, car bien trop sentimental et loyal pour jouer les irréguliers, on le respectait pour cela.

             Il avait le cœur bleu blanc rouge lorsqu’il endossait le maillot tricolore de l’équipe de France, sur les routes du mondial ou du Tour, il prenait toujours le départ de ces épreuves le drapeau national entre les dents. Il se trouvait transfiguré jusqu’à en devenir transcendant et réalisait alors des prouesses légendaires. Il termina 13 Tours de France sur 14 disputés y enlevant 22 étapes  dont cinq fois la première ramenant au passage deux maillots verts à Paris. Onze fois sélectionné pour représenter la France aux mondiaux sur route il réalisera 4 podiums consécutifs (3e en 1957-3e  en 1958-le titre en 1959- 2e en 1960) ne se classant jamais au-delà de la 17e place.

                                               Il met fin à la carrière de Fausto Coppi

A la disparition du groupe La Perle, Fausto Coppi le fait embaucher chez Bianchi pour la saison 1956. Entre temps Fausto qui avait voulu imposer sa propre marque de cycles à ses employeurs, claqua la porte de la Bianchi devenant ainsi un adversaire. C’est dans les dernières courses de l’année qu’André va crucifier par deux fois l’idole de toute l’Italie. Dans le Tour de Lombardie en haut du Ghisallo, André passe à deux minutes de son jeune coéquipier  Italien Diego Ronchini qui caracole en tête accompagné du seul F. Coppi. Il se lance à fond dans la plus belle descente de sa vie, quand son directeur sportif Pinella De Grandi vient lui signaler qu’il va donner l’ordre à Ronchini de ne plus relayer Coppi. André rétorque aussitôt qu’il n’est pas d’accord, qu’il veut rejoindre à la pédale par respect pour Fausto, mais le boss ne tient  pas compte de son avis .André raconte « vous ne pouvez pas imaginer comme ça m’a fait mal et attristé à la fois, car si j’étais chez Bianchi c’était grâce à Fausto devenu un véritable ami. Nous  les avons rejoints à cinq bornes du Vigorelli, les attaques ont alors fusé de partout, la rage au ventre je suis allé chercher tout le monde, pour rentrer en huitième position sur la piste. Nous étions tous en file indienne, lorsque R.Decock a lancé le sprint pour Van Looy, me voyant enfermé je suis monté aux balustrades en faisant tout l’extérieur, j’ai fait mon sprint à la sortie du dernier virage toujours en extérieur, sur les 20 derniers mètres il y eut quatre vainqueurs possibles. Van Looy qui coinça le premier, Magni en surrégime  à dix mètres du but, Coppi ensuite que je saute sur la ligne même. Huit jours plus tard dans le trophée Baracchi (100km chrono par équipe de deux) associé à Graf, j’achevais ce pauvre Fausto (+R. Philippi) en lui soufflant la victoire dans les derniers kilomètres » Ça c’était André bourré d’états d’âme quand il battait un ami.

     En février 1994 André Darrigade le gentleman des landes, est définitivement entré dans le gotha des hommes célèbres de la nation. Il fut fait chevalier de la légion d’Honneur. Pour ce garçon simple et sensible qui a forgé son destin avec courage et persévérance, son statut de star du cyclisme méritait amplement cette reconnaissance. Merci à André qui a su rester modeste disponible et toujours amical envers ceux qu’il rencontre. 

Venez nombreux, fêter l’éternel jeune homme le 28 avril prochain à la Mairie de Narosse.     

Gérard Descoubès

4 Commentaires

    Hervé Carsalade20 juillet 2019

    16

    Rien à ajouter sur le commentaire de Mark de Belgique si ce n’est qu’avec mes frères nous avions inventé un jeu avec des cyclistes miniatures. Hervé de Nice

    Marc Henskens25 avril 2019

    13

    Suis un grand supporter de Darrigade , c’était mon cycliste favori malgré les grands champions Belges de l’époque!
    pas seulement un très grand champion mais aussi la gentillesse, la simplicité méritent une très grande symphatie,

    Bruges/Belgique

    escalère claude14 avril 2019

    16

    Je me suis régalé en lisant ton document tout en regardant Paris-Roubaix.Il est 16h et rien n’est encore acquis.Je t’adresse mes amitiés et toujours au plaisir de se retrouver à l’occasion de nos sorties hebdomadaires.
    Claude.
    ( le motorisé )

    Laborde11 avril 2019

    7

    Bravo Gerard ,comme d.habitude tu as tout dit dans to n commentaire d.autant que la formidable carrière de notre Dede national n.a aucun secret pour toi.Andre Darrigade est entre vivant dans la légende du sport français,on lui cherche encore un successeur.

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