Claude Mazeaud s’est échappé pour toujours
Disparition d’un champion
Claude Mazeaud s’est échappé pour toujours
C’est Jean Louis Gauthier le renommé speaker et organisateur de belles courses dans le sud ouest , qui m’a appris la mort de l’ancien champion de France des indépendants C.Mazeaud. Alors qu’il s’adonnait à une des grandes passions de sa vie, la chasse à la palombe, il vient d’être terrassé par un AVC foudroyant dans sa palombière.

Surnommé »La puce du Limousin » ce petit format( 1,63 m-58 kg) énergique et résistant, possédait en plus une vélocité explosive sur les arrivées en bosses. Plutôt que de vaincre vingt ou trente fois par saison, il préférait se mesurer à plus fort que lui dés qu’il le pouvait. Il n’aimait absolument pas , mais alors pas du tout se confronter à des coursiers de sa catégorie, cela le démotivait. Il devait à juste dix huit ans et après six mois de compétition seulement, il allait se mesurer avec les pros dans le réputé »Bol d’Or des Monédières ». Projeté en pleine lumière, sa carrière en pleine essor, il va se retrouver envoyé dans les ténèbres les plus profondes, sur le conflit algérien deux interminables années 1958 et 1959. Malgré cette longue coupure forcée, après une saison de compétition il revenait au niveau, pour aller décrocher son Graal, le titre de champion de France des indépendants. Sur un circuit truffé de talus assassins et nerveux à souhait, il devançait dans la bosse d’arrivée le favori de l’épreuve , le normand J.C.Lebaube. Suite à ce titre plusieurs groupes sportifs lui firent les yeux doux, il choisit Mercier, influencé par la présence dans l’équipe de son voisin R.Poulidor. Aujourd’hui avec le recul, l’on peut se poser la question pour savoir si il avait fait le bon choix, surtout que le courant n’était jamais vraiment bien passé entre A.Magne et lui. Il réalisera une dernière saison pro en 1964 chez Margnat-Paloma .avec A.Darrigade et F.Bahamontes, déçu, il se fera reclassé indépendant en 1965.
Suite à ce reclassement, il ne cessera de se mesurer aux pros qu’il dominait souvent, son terrain de chasse préféré se trouvait surtout en Bretagne, où les cinq cadors des lieux F.Lebihan, J. Bourles, F.Lebuhotel , Y. Ravaleu et J.Simon, finirent par la force des choses a devenir ses amis, il s’imposa au moins une fois dans tous les plus importants criterium de bretagne. Dans un palmarès riche d’une petite centaine de victoires, en plus de son titre de champion de France, les plus notables sont: la montée de l’Aubisque chrono 1960, Champion du Limousin des sociétés chrono avec le C.C.Lalinde 1961, les Boucles du Bas Limousin 1962, Commentry, Meymac 1963, St. Brieuc, Meymac 1964, St. Brieuc (2 J.Anquetil) St. Thomas de Conac (2 R.Wolfshohl) 1965, Plouay (2 J.Bourles)1966, la 3eme étape du tour du Béarn ( 2e, 1e L. Ocana), 1e de la 2e étape du tour de Mallorca, 1967, 1e des 3 jours bretons, Guerlesquin (2 A.Foucher), Plumieux (2 G. Ignolin), Plenée-Jugon (2 Y. Ravaleu), St. Cast, Meymac, 5 du championnat de France H.C 1968, Tour du Béarn, Le Quillo (2 Y.Ravaleu), Meslan (2Bouloux), Boucles d’Allassac (2 R.Riotte), 2 du championnat de France H. C, 1969, Plessala, Meslan 1970, 1e de la 2e étape et du général du circuit du Gard, Hennebont, Chateauneuf du Faou, St. Just (2 F. Lebihan), Spezet (2 F. Lebihan), la dernière étape du tour des Alpes de Provence, 2 à La Souterraine ( 1e E. Merckx)1971, dernière étape du tour des Alpes de Provence, les Angevines à fougères, le circuit du Mené à Plougonver1972. Claude était né le 11 janvier 1937 à Vignols (corrèze) , il est décédé ce 30 novembre 2026. Il avait débuté en 1955 et raccroché en fin 1972. Ses clubs successifs ont été: V.C.Arédien (St. Yrieix-la-Perche) 1955à 1957, 1958 à juillet 1960 néant, C.C.Briviste 1960, C.C.Lalinde 1961, .V.Limousine 1962 à 1964, C. C. Bordelais 1965, C. C. Lalinde 1966 à 1972 inclus. Il a porté les couleurs de: La Captivante 1957, Rochet-Dunlop 1960, Royal-Fabric-Polyrey 1961, Mercier BP 1962 à 1963, Margnat-Paloma 1964, Berger-Gramont-Peugeot 1965, Peugeot BP 1966 à 1972 inclus.
Après sa retraite cycliste il s’installera marchand de cycles à Bergerac, puis buraliste pour finir sa vie active.Pendant dix huit ans , Claude a toujours su naviguer tout en délicatesse sans presque faire de bruit dans les pelotons des plus grands, tout en tirant son épingle du jeu quand sa classe lui permettait. Il laisse à tous ceux qui l’on connu, le souvenir impérissable d’un enchanteur des courses cyclistes.
Gérard Descoubès

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