Pierre Dagnan une voix s’éteint

Pierre Dagnan une voix s’éteint Beaucoup l’ont connu comme speaker animateur, mais il eut un avant dans le cyclisme. Ce très bel athlète, au coup de pédale bien huilé, n’a jamais vraiment exploité à fond ses dons naturels, estimés bien au-dessus de la moyenne. Il n’a pas non plus, vraiment recherché toutes les saveurs de […]

Pierre Dagnan une voix s’éteint

Beaucoup l’ont connu comme speaker animateur, mais il eut un avant dans le cyclisme. Ce très bel athlète, au coup de pédale bien huilé, n’a jamais vraiment exploité à fond ses dons naturels, estimés bien au-dessus de la moyenne. Il n’a pas non plus, vraiment recherché toutes les saveurs de la gloire. Il avait débuté en 1948 pour remporter aussi sec le premier Pas Dunlop marocain (il s’était préparé pour cette épreuve, en compagnie des champions olympiques C. Costes et J. Beyaert). Aussi efficace sur route que sur piste, il décroche deux titres de champion du Maroc de poursuite individuelle en 1951 et 1953, deux autres suivront en poursuite par équipes en 1955 et 1957. Sur route il croisera dame victoire dans des courses réputées, comme le grand prix Idéal à Casablanca en 1951 et 1953, El Hanka toujours à Casablanca en 1955, de l’indépendance à Rabat en 1957 où il fait exploser à la pédale, l’Anquetil marocain Mohamed El Gourch. Ce dernier prendra sa revanche l’année suivante en le devançant au sprint dans le grand prix du Trône. Mais le rêve secret de Pierrot était, remporter une étape de son Tour du Maroc. Il prendra le départ de trois, deux avec les pros 1954 et 1955, un avec les indépendants et amateurs en 1959. Une noire malchance allait l’accabler dans la course de ses rêves, un genou défaillant dès la deuxième étape, qui nécessite une infiltration avant chaque départ, le fait éliminer le cinquième jour en 1954. Deux autres abandons sur chutes ruineront ses espoirs en 1955 et 1959. En 1954 ce sont les frères Bianco de Fumel, qui le font venir en métropole pour quatre mois, après deux secondes places à Vayrac et Touzac, une lourde cabriole dans le Puy Mary lui occasionne une fracture de la rotule, sa saison s’arrête là. En avril 1961 il vient s’installer définitivement à Bordeaux, bien que l’on replante que très difficilement ses racines ailleurs, il va s’y recréer une nouvelle vie et y terminer sa carrière de coureur. Il va se transformer en véritable chef de meute, entrainant dans son sillage lumineux les jeunes loups, A. Debiard, B. Dupuch, B. Laborde, B. Labory, F. Maurin, R. Pelfort et R. Verdeun pour se parer de quatre titres de champion d’Aquitaine de poursuite des sociétés avec le S.A. Bordelais de M. Verdeun en 1962, 1964, 1965 et 1966. Démontrant si besoin en était qu’il possédait encore de jolis restes sur la piste. En dix huit années de compétition il a disputé 13 championnats de France sur piste et 2 sur route. Sa carrière professionnelle dans la vie civile, sera passée dans l’aéronautique. En parallèle il officiera pendant 46 ans à la présidence du C. C. Ambarès, 9 années speaker animateur pour les matchs de football des Girondins de Bordeaux ainsi que pour les grands matchs de rugby de la région. Organisateur de plus de 500 courses dont 27 internationales, il sera également Président des organisateurs de criteriums de 1993 à 2004. Toujours sur la brèche, il prendra des fonctions à la ville d’Ambarès, élu Conseiller Municipal. Durant ses 24 ans de mandat, il honorera comme Maître de cérémonie une centaine de mariages dont celui du Docteur Bellocq. Sa passion cycliste toujours vivace, lui avait permis de commenter les courses jusqu’aux débuts des années 2000. Cet homme chaleureux et toujours souriant, avait bien du mérite, car il était diabétique insulino dépendant depuis plus de quarante ans, il se piquait trois fois par jours. Pierre était né le 7 janvier 1932 à Oran (Maroc), il est décédé la veille de ses 86 ans à Ambarès.

Gérard Descoubès

PS : Pour palmarès complet voir Patrimoine Cycliste du Grand Sud-Ouest Tome 2.

L’équipe championne d’Aquitaine (SAB)1964 avec Pelfort, Labory, Pierrot, et Laborde

3 Commentaires

    pastureau8 janvier 2018

    71

    j’aimais bien l’amener les dimanches d’Hiver au vélodrome ou avec ses copains de l’époque ils refaisait les courses .hier je suis allé seul avec un gros pincement au coeur . Merci pour ton amitié repose en paix . Didier

    Jean-Claude Ballion8 janvier 2018

    19

    RIP Pierrot…il a accompagné les carrières des coureurs de ma génération de sa voix si caractéristique…Adieu Pierrot

    Tintin8 janvier 2018

    6

    Au revoir pierrot …

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