Julio Alvarez s’en est allé

Avec le départ de l’ami Julio, c’est un amalgame de dilettantisme, de désinvolture et de virtuosité qui vient de se consumer. En voilà un, qui l’âge venu, aurait pu avoir des regrets. Super doué comme il l’était, il n’a jamais pris le cyclisme au sérieux, ça restait pour lui une échappatoire, il ne recherchait qu’une […]

Avec le départ de l’ami Julio, c’est un amalgame de dilettantisme, de désinvolture et de virtuosité qui vient de se consumer. En voilà un, qui l’âge venu, aurait pu avoir des regrets. Super doué comme il l’était, il n’a jamais pris le cyclisme au sérieux, ça restait pour lui une échappatoire, il ne recherchait qu’une chose, bien s’amuser et le vélo lui a apporté cela un moment. D’après ses dires, il y est parvenu, au-delà de ses espérances les plus folles. Il aimait la vie et les jolies femmes, véritable coqueluche de la piste rose de Lescure, les demoiselles ne restaient pas insensibles au charisme du garçon. A l’époque, il se rendait au vélodrome à vélo, pour participer aux courses multiples qui s’y disputaient et dans lesquelles il s’imposait souvent. Il repartait donc les bras chargés de fleurs, mais gêné de rentrer chez lui avec les bouquets, il les distribuait à la gente féminine rapprochée, ou les jetait dans les jardinets des riverains. De taille moyenne, râblé et tout en muscle, sa vélocité et son punch dévastateur, ont fait de lui un des cadors des pelotons de sa génération. Le défaut de la cuirasse, était qu’il avait en horreur l’entrainement cycliste. Aussi pour trouver son pic de forme, il enchainait course sur course. Né le 7 novembre 1934 à Laredo (Santander), Julio avait débuté en 1950 et raccroché en juillet 1958, ses principaux succès sont : le circuit des Charruauds à Libourne en 1951 et 1952, Bordeaux-Clérac+ 1e étape, le GP des friandises Marie-Claire en 1953, Nieul Le Virouil, Tourne-Langoiran, Reignac de Blaye, le Sigrand à Rochefort, Angoulême-Saintes, Bordeaux-Brive en 1954, Pons, St. Barthélémy d’Agenais, Nieul Le Virouil (2e fois), Angoulême-Saintes (2e fois) en 1955, Bordeaux-Ares, le GP du C. A. Bèglais en 1956, Laruscade en 1957, St. Symphorien en 1958, 2 fois Champion de Guyenne des sociétés sur route avec les Girondins de Bordeaux en 1957 et 1958. Sur piste il sera : finaliste de la coupe de France des sociétés avec les girondins de Bordeaux à Paris en 1953, Champion de Guyenne de poursuite des sociétés avec les Girondins de Bordeaux en 1955 et 1958, 3e du championnat de France de poursuite des sociétés en 1958. Il effectua toute sa carrière aux Girondins de Bordeaux et évolua sous les couleurs de : Tendil en 1951 et 1952, Terrot en 1953, Peugeot en 1954, Alcyon en 1955, Mercier B. P. en 1956 et 1957, Peugeot 1958. Puis son coté aventurier prendra le dessus, il se fit embaucher comme conducteur d’engins, par une grosse société pétrolière, ce qui lui permis de travailler en Irak et en Iran pendant des années. Rentré en France il deviendra entrepreneur dans le bâtiment. Atteint de la maladie d’Alzheimer, sa fin de vie fut difficile, il est décédé ce 23 mars 2019 à l’hôpital Robert Picquet. Il nous laisse des images fragiles et éphémères, d’une carrière cycliste sur laquelle ont ruisselé les gouttes de la gloire.

Gérard Descoubès

2 Commentaires

    Alvarez josepha22 avril 2019

    15

    Merci à vous pour ce gentil mot.

    Jean-Claude Ballion28 mars 2019

    19

    De mes souvenir de jeune cycliste, un homme gentil, modeste, attentionné, de bons conseils et toujours avec le sourire !
    Ce n’est que des années après l’avoir connu que j’ai connu son palmarès…
    Condoléances à sa famille.

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